Laboratoire Ligérien de Linguistique
facilityChaingy, Centre-Val de Loire, France
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Top-cited papers from Laboratoire Ligérien de Linguistique
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LE FRANCIEN (1815-1914) : LA LINGUISTIQUE AU SERVICE DE LA PATRIE Le francien, dialecte de l'Ile-de-France, représenterait le français « standard » du Moyen Age, mais ce concept correspond en fait à une attente jacobine des classes dominantes de la Troisième République, relayée par des universitaires en quête de légitimité, et à une stabilisation du marché de la linguistique sous la férule de G. Paris. Outil opératoire et symptôme d'une politique de la science vouée à une histoire apologétique du français, le « francien » relève de la fiction scientifique.
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La comparaison de deux corpus d’enquêtes sociolinguistiques réalisés à quarante ans d’intervalle permet de mettre en perspective certains aspects centraux de la constitution des données et d’interroger, par delà une description des différents choix méthodologiques et théoriques opérés, la place des données dans la linguistique de corpus.
Abstract The goal of this paper is to present newly collected data of Djibouti Somali and show how it offers insight into the architecture of nouns. Djibouti Somali, like Standard Somali, is characterized by the presence of inflectional classes. Building on my own fieldwork material, I discuss both the empirical statements and the theoretical implications that emerge from the observation of three aspects of noun inflection: (1) pluralization strategies, (2) the position of pitch accent with respect to gender and (3) the opposition between Absolutive and Nominative case. In particular, the fact that Djibouti Somali uses mainly two suffixes to pluralize nouns, leads us to the hypothesis that the inflectional system of this variety consists of only two inflectional types. Basic non-derived nouns belong to what I call type A, whereas suffixed nouns belong to type B. This dichotomy is confirmed by the behavior of pitch accent with respect to both gender and syntactic case. Finally, I propose that the distinction between type A and type B can be accounted for, in the context of a formal analysis, by postulating the existence of a contrast between null vs. overt nominalizer.
Bergounioux Gabriel. La science du langage en France de 1870 à 1885 : du marché civil au marché étatique. In: Langue française, n°63, 1984. Vers une histoire sociale de la linguistique, sous la direction de Jean-Claude Chevalier et Pierre Encrevé. pp. 7-41.
Textes et Francophonies (CRTF-LaSCoD -EA 1392)L'analyse de corpus face à l'hétérogénéité des données : d'une difficulté méthodologique à une nécessité épistémologique Ce numéro vise à problématiser le concept de corpus en regard de l'hétérogénéité des données qui peuvent -ou qui doivent -le constituer.Il s'intéresse à la diversité des pratiques et des matériaux, et à l'implication de cette diversité dans la constitution, l'analyse et l'exploitation des corpus.Autrement dit, l'hétérogénéité n'est pas simplement conçue comme un constat découlant de disponibilités accrues ou un résultat lié à un souci de représentativité de la diversité des usages d'une langue, mais également comme un moyen pour étudier la langue en usages par le biais de méthodologies en corpus.La notion de corpus n'est pas nouvelle dans le champ des Sciences du langage et, plus largement, dans celui des Sciences Humaines et Sociales 1 , où elle se trouve régulièrement interrogée.Plus encore, elle reçoit, ces dernières années, un intérêt tout particulier qui témoigne de sa complexité, mais aussi de son potentiel heuristique.Le développement de la Linguistique de corpus française (Bilger 2000 ;Habert, Nazarenko & Salem 1997 ;Rastier 2001) et anglo-saxonne (Biber, Conrad & Reppen 1998 ;Tognini-Bonelli 2001), à la fois comme discipline et méthodologie (Williams, 2005 : 17) le confirme.Le consensus sur la définition du corpus n'existe cependant pas.En choisissant de l'aborder sous l'angle spécifique des données, nous adoptons une démarche qui, consciente des nouvelles disponibilités technologiques d'accès à différentes ressources sémiotiques, s'appuie sur les pratiques d'exploitation des chercheurs confrontés de fait à l'hétérogénéité.Ces disponibilités multiplient les matériaux mais aussi leurs modes de donation et surtout de manipulation en interrogeant simultanément leur utilité scientifique,
Abstract This study investigates a recent web-enabled feature, the use of brief audio/video recordings for the communication of scientific research findings to a non-specialized audience, and discusses the implications of these “scholarly soundbites” for genre evolution in the digital environment and for the mediatization of science. We focus on four types of audiovisual material, all characterized by their brevity: Three-Minute Thesis presentations, author videos, and podcasts on a popular science and a research journal website. An analysis of the moves and of the recontextualization strategies used to manage the knowledge asymmetry between scientists and audience highlights differences between the four types of soundbites as well as with the corresponding written genres (research articles, PhD dissertations).
Nous examinons comment la linguistique cognitive aborde les relations entre langage et pensée à partir de l’exemple emblématique des couleurs. L’analyse linguistique des formes lexicales référant aux couleurs disponibles en langue et repérées dans différents types de corpus (dénominations de pastilles colorées, discours descriptifs de la qualité visuelle), couplée avec une théorie psychologique de la catégorisation, conduit à identifier une diversité de conceptualisations et de modes de référenciation de la couleur. Ceci nous amène à discuter la position naturalisante de la sémantique cognitive et à proposer une théorie linguistique cognitive «située » où s’articulent une sémantique des langues et de la construction du sens en discours, et une théorie psychologique des catégories du sensible dans une sémiotique cognitive des cultures.
Cette contribution dresse le bilan critique d’une étude de corpus, menée par deux chercheuses de disciplines différentes. Elle vise à définir les conditions d’une pratique scientifique interdisciplinaire de l’analyse des données textuelles à l’intérieur des Sciences Humaines et Sociales. Cette étude de cas nourrit un objectif plus vaste, celui d’une herméneutique théorisée dans la tradition française de l’analyse de discours et articulée à un principe méthodologique fondamental – la variation des données textuelles et des pratiques interprétatives – au service duquel sont mis différents outils lexicométriques.
Cet article souhaite porter un regard réflexif sur le projet scientifique de constitution et d’exploitation d’un grand corpus de français parlé, les Enquêtes sociolinguistiques à Orléans, né à l’aube de la sociolinguistique et qui se développe au tournant méthodologique et épistémologique des digital humanities. Quels objectifs ? Quelles données ? Quels traitements ? Ce sont les questions qui guident la réflexion proposée ici afin d’apporter une contribution à l’élaboration de nouvelles pratiques scientifiques dans une perspective variationniste contemporaine.
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L'omniprésence de la polysémie dans les langues force à considérer la compréhension des énoncés comme un processus dynamique, dans lequel le sens de chaque unité linguistique se détermine en même temps que se construit le sens global de l'énoncé. Ce processus d'interaction, que l'on peut appeler compositionnalité gestaltiste, s'oppose radicalement au mécanisme de compositionnalité classique prôné par les formalismes linguistiques qui sont fondés sur la primauté de la syntaxe. Cela revient au contraire à considérer la structure syntaxique d'un énoncé comme un résultat de la construction du sens, et non plus comme son initiateur. La compréhension d'un énoncé repose donc directement sur le processus d'interaction entre les différents composants élémentaires de cet énoncé : unités lexicales, marqueurs grammaticaux, relations positionnelles entre unités, ou, plus généralement, constructions élémentaires au sens des grammaires de construction. Modéliser ce processus dynamique constitue un enjeu essentiel pour tous les courants linguistiques qui, comme les grammaires cognitives et les théories de l'énonciation, récusent le principe de compositionnalité classique.Nous présentons dans cet article un cadre théorique dans lequel la dynamique d'interaction obéit à un principe de convocation-évocation : les différents composants élémentaires d'un énoncé contribuent à construire une représentation globale dans un espace intersubjectif que nous appelons scène verbale. Chaque composant sert à évoquer un nouvel élément de la scène verbale en construction, mais pour ce faire, il doit d'abord convoquer d'autres éléments présents sur cette même scène ou dans la situation d'interlocution. Le principe de convocation-évocation constitue ce qui définit l’identité d’une unité linguistique. Nous exprimons cette identité sous la forme d’une instruction dynamique de construction du sens et nous considérons que toute unité linguistique donne une telle instruction. Ainsi, le sens est bien le résultat d'un processus de composition gestaltiste, puisque la contribution de chaque composant élémentaire dépend de la contribution des autres composants présents dans l'énoncé. Nous montrons à partir d’exemples français et anglais une première tentative de modélisation de ce processus.Nous discuterons aussi du statut cognitif tout à fait particulier de ces scènes verbales, en défendant l'idée que les spécificités du langage humain découlent de cette fonction de représentation dans un espace intersubjectif, le terme de représentation n'étant pas à prendre au sens habituel en sciences cognitives, mais au sens premier de son étymon latin : repraesentare = rendre présent.
On peut reproduire des mots que dit la voix ;(...) Il reste le souvenir dit la voix (elle pense peut-être à demain) » James Sacré : Viens, dit quelqu'un Ce numéro fait état de recherches ; il esquisse des bilans : où en sont aujourd'hui les pratiques d'enquêtes en France, qu'il s'agisse d'étudier des patoisants ou des migrants, la variation entre classes d'âge ou entre classes sociales -mais qui parle encore de classes sociales ?Pour saisir à la fois la logique à l'œuvre dans le travail de terrain et le rapport des enquêteurs à leur terrain -et aux autres enquêteurs -, on a privilégié le retour à des enquêtes qui, en leur temps, ont revêtu une signification exemplaire, et ce retour a été accompli par des linguistes qui avaient affronté le même terrain et le terrain même dans le Centre-Ouest de la France, opérant de nouveau sur ces zones déjà parcourues, cartographiées, répertoriées.Ce retour conduit à d'autres interrogations qu'à l'évaluation des différences mises en perspective.Il ne s'agit pas de se démarquer, ou pire d'établir un sottisier, mais de réfléchir sur les conditions qui ont transformé notre approche, nos conceptions du travail avant d'en revenir au constat formulé par Claude Lévi-Strauss : comme Fethonologue, le linguiste de terrain est perpétuellement confronté à l'écrasement progressi f des données, à la disparition de son objet 1 alors qu'à document égal, il se sent apte à déchiffrer toujours plus du réel, comme si, au cours des temps, raffinement des savoirs devait compenser l'érosion des spécificités observables.Au fond, la question peut se formuler crûment : en quoi serions-nous devenus plus savants ?Qu'avons-nous appris de la confron-1.Un problème crucial pour les dialectes du français mais aussi dans toute étude de phénomènes non répertoriés par l'écrit : les données apparaissent toujours instables, labile», évanescentes, et finalement fragmentaires, à l'enquêteur.tation aux locuteurs ?Et des théories linguistiques actuelles ?À l'inverse, y a-t-il trace, dans ces théories linguistiques, des enquêtes, des corpus 2 ?
ABSTRACT: The aim of this study is to reconstruct on the one hand the sociallogic in the career of Arsene Darmesteter, the French linguist who was relegated to a marginal position because of his religious status and his education, and on the other hand the scientific logic of his work, which is close to the neo-grammarian theses and prefigures Bréal's semantics. This study relates biography and research to the market of linguistics and, using the theories of P. Bourdieu, attempts to demonstrate both the richness and the limits of Arsene Darmesteter's work within the historical context of the European romanistics and phonetics of the late XIXth century.
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This article presents ANCOR_Centre, a French coreference corpus, available under the Creative Commons Licence.With a size of around 500,000 words, the corpus is large enough to serve the needs of data-driven approaches in NLP and represents one of the largest coreference resources currently available.The corpus focuses exclusively on spoken language, it aims at representing a certain variety of spoken genders.ANCOR_Centre includes anaphora as well as coreference relations which involve nominal and pronominal mentions.The paper describes into details the annotation scheme and the reliability measures computed on the resource.
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