Centre de recherche sur le travail et le développement
facilityParis, Île-de-France, France
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Top-cited papers from Centre de recherche sur le travail et le développement
Stress, souffrance, harcèlement moral, relégation, placardisation, pathologies de la suractivité ou du sous-emploi, fatigue et usure professionnelles, expériences traumatiques…, de la scène du travail nous parviennent de sombres échos. La clinique du travail s\'attache à comprendre, à analyser et à transformer ces situations génératrices de malaise individuel et/ou collectif. Pour cela, elle mobilise différents cadres théoriques et méthodologiques susceptibles de l\'éclairer. Dominique Lhuilier en présente les principales orientations. Les fonctions psychologiques et sociales du travail sont appréhendées ici à partir de nombreux exemples de situations professionnelles et de contextes organisationnels : hôpital, centrale nucléaire, prison, police, industrie... Si le travail constitue bien une mise à l\'épreuve, l\'investigation proposée porte à la fois sur la souffrance, ses manifestations et sur les processus de résistance et de dégagement dont font preuve les acteurs concernés.
Perceived working conditions lead to various negative outcomes for employee behaviors, including turnover intentions. Although potential mediators for these relationships were previously identified, the importance of meaning of work has not yet been investigated. This study examines the role of this psychological resource as a mediator for the relationships between perceived working conditions and turnover intentions in a sample of 336 French workers from different job contexts. Results show that adverse working conditions were positively and significantly associated with turnover intentions. Meaning of work is negatively related to both perceived working conditions and turnover intentions. Mediation analyses for meaning of work demonstrated indirect effects of several adverse working conditions on turnover intentions. The role of meaning of work as a psychological resource for employees facing adverse working conditions is discussed, especially regarding its implications for research and practice within organizational contexts.
Après avoir brièvement tenté de rendre compte des différents courants de l’action située et de la cognition distribuée, on examine leurs apports du point de vue des théories de l’activité, et plus particulièrement des rapports entre fonctionnement et développement de l’activité. On argumente que l’action située en cherchant à rapatrier le sujet dans la situation, et en le réincarnant socialement, identifie une limite de la psychologie cognitive. Mais qu’en distribuant les invariants de l’action à l’extérieur du sujet, ce sont les caractéristiques de la situation qui expliquent l’activité. Ce balancier épistémologique, déjà été discuté par H. Wallon, ne permet pas de rendre compte du développement de l’activité, ni du rapport entre ce qui est donné dans la situation de travail et ce qui est créé dans la situation par les acteurs.
Von der Gruppenorbeit zur Arbeitsgruppe : Erfahrungsstrategien. Der Vergleich zweier Postämter mit unterschiedlicher Arbeitsorganisation macht deutlich, dass Gruppenarbeit Voraussetzung für den Aufbau einer Arbeitsgruppe ist. Diese Arbeitsgruppe gibt dem Beruf einen inhaltlichen Aspekt und erfüllt gleichzeitig auch eine psychologische Funktion. Eine auf die Tätigkeit ausgerichtete Analyse der Beziehung Individuum und/oder Gruppe zum Regelwerk macht die Bedingungen für den Auf- und Ausbau beruflicher Erfahrung deutlich. Die Anwendung bestimmter Erfahrungsstrategien wirkt sich ihrerseits auf die Arbeitsgruppe aus. Stichwörter Arbeitsorganisation, kollektive Kompetenz, Arbeitsanalyse, Gesundheit am Arbeitsplatz, Empfangsbeauftragter, Telekommunikation-post. Journal of Economic Litterature : J 24
Les concepts de marges de manœuvre et de pouvoir d’agir sont souvent utilisés comme des synonymes d’où la nécessité d’examiner leurs liens. La clinique de l’activité en psychologie du travail partage avec l’ergonomie de l’activité le point de vue selon lequel l’intervention doit nécessairement s’ancrer dans la complexité des situations de travail, avec la collaboration de ses différents professionnels. C’est aussi pour mieux comprendre les processus de développement de l’activité des professionnels, et leurs empêchements, que Wisner empruntait aux théories de l’activité de Vygotski et Léontiev. L’examen des rapports entre pouvoir d’agir et marges de manœuvre interroge la conception du développement de l’activité mobilisée tant du côté des ergonomes que des psychologues. Ce sont alors les liens entre subjectivité, activité et développement qui sont discutés. Au bout du compte, le développement des marges de manœuvre organisationnelles, individuelles et collectives prennent leur source dans le développement des pouvoirs d’agir dans l’activité des différents protagonistes de l’organisation du travail. En retour, ces marges de manœuvre élargies peuvent potentiellement devenir des instruments du développement des pouvoirs d’agir dans l’activité du sujet. Mais alors l’intervention dans les milieux de travail doit être pensée comme un moyen d’instituer des débats professionnels sur les différentes voies d’agir et de penser les dilemmes de métiers.
Réhabiliter le conflit pour améliorer la qualité du travail. La proposition n’est contradictoire qu’en apparence. Yves Clot et ses collègues montrent, à partir de l’action, comment le conflit autour de la qualité du travail peut devenir une méthode de coopération dans les organisations : c’est à ce prix que le travail bien fait est possible. À ce prix aussi qu’une écologie du travail devient crédible. On peut rendre sa souveraineté au travail contre tout ce qui mine la fierté de l’acte professionnel en l’écartant de la boucle de décision. Ce livre explique comment s’y essayer en instituant la coopération conflictuelle, entre salariés comme entre ces derniers et leur hiérarchie. C’est la qualité du travail qui rassemble. Dans un monde saturé de conflits, le conflit de critères autour de la qualité du travail n’a pourtant pas droit de cité, laissant le travail « ni fait ni à faire » nous abîmer et abîmer la planète. Yves Clot et ses collègues, en s’appuyant sur le récit de trois longues expériences de travail collectif, dans un EHPAD, dans le service de la propreté d’une grande ville et dans une usine automobile, regardent ce conflit en face. Au passage, ce sont les frontières entre dirigeants et dirigés qui se trouvent redessinées.
National audience
This paper is an analysis of online discussions in an Open Source Software (OSS) design community, the Python project. Developers of Python are geographically distributed and work online asynchronously. The objective of our study is to understand and to model the dynamics of the OSS design process that takes place in mailing list exchanges. We develop a method to study distant and asynchronous collaborative design activity based on an analysis of quoting practices. We analyze and visualize three aspects of the online dynamics: social, thematic temporal, and design. We show that roles emerge during discussions according to the involvement and the position of the participants in the discussions and how they influence participation in the design discussions. In our analysis of the thematic temporal dynamics of discussion, we examine how themes of discussion emerge, diverge, and are refined over time. To understand the design dynamics, we perform a content analysis of messages exchanged between developers to reveal how the online discussions reflect the “work flow” of the project: it provides us with a picture of the collaborative design process in the OSS community. These combined results clarify how knowledge and artefacts are elaborated in this epistemic, exploration-oriented, OSS community. Finally, we outline the need to automate of our method to extend our results. The proposed automation could have implications for both researchers and participants in OSS communities.
Grâce à ses nombreuses conférences et à la publication de deux DVD, nombreux sont ceux qui ont eu l'occasion de découvrir l'entretien constructiviste de conseil de carrière de Mark Savickas.C'est cependant la première fois qu'il rédige un exposé systématique et détaillé de son modèle.Career Counseling est, par conséquent, un ouvrage capital pour les spécialistes de l'orientation et du travail du début du XXI e siècle.
L'ergonomie de l'activité a développé depuis une trentaine d'années une démarche d'accompagnement des projets de conception articulant analyse ergonomique du travail, démarche participative et simulation du travail. Quand certaines conditions sont réunies, cette démarche, on le constate, contribue au développement des activités et non uniquement à la conception de solutions attendues par le projet. Elle favorise ainsi l'appropriation et la mise en œuvre de ces solutions par les travailleurs, mais aussi leur maîtrise par les autres acteurs de l'entreprise. Cela contribue à renforcer à la fois le système sociotechnique et les relations sociales dans leur ensemble. Cette dimension constructive n'est pas qu'un effet positif induit de la démarche : elle doit être considérée comme un moteur de développement de la capacité des hommes et des femmes de l'entreprise à faire face aux changements de leur situation de travail quand ils peuvent contribuer activement à sa conception. Dans ce dispositif, la simulation du travail joue un rôle central. La dimension constructive considérée porte notamment sur : * le développement de l'activité et des compétences des opérateurs et opératrices tout au long de la conduite de projet, permettant un début de maîtrise des futures situations avant même leur déploiement, * le développement de l'activité des concepteurs, à travers la confrontation anticipée de leurs propositions au travail réel au cours même du processus de conception, * le développement de la fonction décisionnelle, constituée souvent d'un ensemble d'acteurs (direction, chef de projet, ressources humaines...) devant assumer à la fois un rôle hiérarchique vis-à-vis des populations concernées par le projet et un rôle de maîtrise d'ouvrage vis-à-vis des concepteurs, * le développement de l'activité des instances représentatives du personnel (IRP), qui peuvent trouver dans le dispositif de simulation un moyen de décaler et de restructurer les relations sociales. Ce développement ne s'opère pas pour chacun des acteurs pris individuellement. Il se crée dans la rencontre des " mondes " (Béguin, 2007) que propose la démarche et qui nourrit les apprentissages mutuels entre ces acteurs. Nous proposons que cette dimension constructive devienne un objectif clairement énoncé de l'intervention ergonomique en conduite de projet. Après avoir rappelé les écueils des projets conduits avec une faible référence au travail réel, puis les principes de la démarche ergonomique de conduite de projet développée en France depuis le milieu des années 1980, ce chapitre présentera : * les effets constatés de la simulation sur le développement de l'activité de chacun des acteurs et de leurs relations, * l'argumentation d'un positionnement valorisant la démarche ergonomique de projet comme un processus constructif, * la nécessité de poursuivre l'évolution du projet initial de l'ergonomie visant l'adaptation du travail à l'être humain en l'élargissant au développement des activités.
Le travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociauxParis
CONTRIBUTION OF A THEORY ACTION TO CONCEPTUALIZING AND EVALUATING REFLEXIVE PRACTICES IN THE INITIAL TRAINING OF TEACHERS This article considers the reflexive character of teacher training from two theoretical perspectives : the clinical analysis of activity and the philosophy of action. This approach provides a theoretical framework and methods for identifying : (a) the development of professional activity during the course of training exchanges and (b) the circumstances in which these exchanges serve as resources for the decision-making activity of preservice teachers during classroom work. The discussion provides illustrations taken from a research program based on case analyses that were used to evaluate an alternating work-study training program at a university institute of teacher training in the south of France. The theoretical framework and methods (self-confrontation interviews after field training) provide a means (a) to evaluate the situated development of professional rules and concepts in contexts as different as the daily situations encountered in teaching and (b) to determine the indexing of this development to the rules and concepts constructed in training situations. This approach thus distinguishes between that which pertains to the initial learning of professional concepts and that which concerns the development of their meaning through the preservice teachers’ personal use of the concepts to give meaning to their experience at work. The results show that it is possible to evaluate training programs in terms of the potential for preservice teachers to create meaning in training situations. Although unable to truly transform preservice teachers’ power of action in the classroom, training programs based on reflexive practices (e.g. « teaching advice ») at the very least help them to understand their daily professional experience from a broader perspective. In the best cases, preservice teachers in the final year of certification are able to perceive new phenomena in their circumstances of classroom work. In this regard, the results reinforce the idea of indexing the development of painstaking activity to the development of the meaning of concepts learned during reflexive co-analysis of fieldwork carried out with the cooperating teacher.
Cet article présente un schéma d’entretien de conseil en orientation visant à aider des adolescents et des jeunes adultes à faire face à l’impératif social contemporain d’orienter sa vie (life designing). Cette méthodologie d’entretien s’inscrit dans un cadre constructiviste et fait plus particulièrement référence au modèle « se faire soi » (Guichard, 2004). La démarche vise à aider le jeune à analyser sa situation présente (dans sa complexité : le « système de ses formes identitaires subjectives »), à la lire dans la perspective de certaines anticipations futures (« formes identitaires subjectives anticipées ») et à déterminer des activités dans lesquelles s’engager en vue de réaliser de tels projets. La perspective de cette démarche est émancipatrice : il s’agit avant tout d’aider le jeune à développer un processus de réflexivité sur sa situation présente. La méthode est active : elle suppose le travail conjoint du conseiller et du jeune s’effectuant lors de plusieurs sessions durant quelques semaines.
Le travail demeure une source de plaisir pour certains. Mais, pour trop d’entre nous, il est devenu difficile à supporter. Pour la plupart des travailleurs, il est en tout cas un souci dont aucune condition sociale, aucune position hiérarchique, aucun statut ne mettent complètement à l’abri. Et cela, particulièrement en France. Faut-il alors transformer les travailleurs ? Peut-on concevoir des organisations salubres ? Peut-on aller vers une performance compatible avec la qualité du travail ? Vers des produits et des façons de produire moins toxiques pour la santé publique ? La santé au travail peut-elle être octroyée ou les travailleurs doivent-ils avoir les moyens de la construire ? Yves Clot, psychologue du travail, et Michel Gollac, sociologue, confrontent leurs conceptions et celles de leurs disciplines. Leur débat débouche sur une conviction : non seulement le travail peut devenir supportable mais il peut être l’une des sources d’une vitalité retrouvée, d’autres façons d’être soi-même et de vivre ensemble. Une nouvelle liberté est possible si l’entreprise s’ouvre à la démocratie.
International audience
En 1950, Erikson fut le premier à proposer une théorisation du concept d’identité dans le champ de la psychologie du développement. Il établit alors des distinctions entre « identité du moi » (ou ego identité), « identité personnelle » et « identité de groupe ». Ses considérations sur le développement de l’identité tout au long de la vie, sur la multiplicité des « soi », sur les dimensions « ego-identitaires » de groupes font de lui l’un des précurseurs des analyses actuelles. Au milieu des années 1960, Marcia prolongea l’un des aspects des analyses de Erikson relatives à l’adolescence (qu’Erikson définissait comme un moratoire psychosocial) en décrivant quatre statuts identitaires : la diffusion, la forclusion, le moratoire et l’identité accomplie. Récemment, un débat s’est instauré sur la nature de ces statuts : correspondent-ils à des stades de développement ? Ces dernières années, un certain nombre de prolongements ont été donnés aux travaux de Erikson et de Marcia, notamment, par Grotevant, Kerpelman, Kunnen et Bosma, Luycks et col. (Goossens, Soenens, Beyers, & Vansteenkiste), et Waterman.
Depuis quelques années, l’Intelligence Artificielle (IA) connaît un regain d’intérêt sans précédent grâce à d’importantes avancées technologiques, notamment dans le domaine de l’apprentissage machine (machine learning), qui étendent les capacités des ordinateurs et accroissent leurs performances dans un grand nombre de domaines (traitement du langage, compréhension de la parole, reconnaissance d’images, robotique, etc.). Ces avancées ouvrent de vastes perspectives en termes d’innovation technologique et d’automatisation dans les situations de travail. Cet article s’intéresse aux questions et enjeux soulevés par ces évolutions concernant l’activité humaine au travail. Il montre que la majorité des questions soulevées ne sont pas nouvelles. Il s’agit en particulier des questions concernant les incidences de l’automatisation sur le travail, et la manière d’envisager la répartition du travail et la relation entre Humain et IA. Certaines questions qui ne sont pas nouvelles se posent avec plus d’acuité, c’est le cas d’une part de « l’explicabilité » des systèmes d’IA basés sur l’apprentissage et, d’autre part, des conséquences à plus long terme de cet apprentissage sur l’activité humaine. Enfin, de nouvelles questions émergent, comme celles qui concernent plus particulièrement le travail avec des machines intelligentes qui exhibent des caractères anthropomorphes.
Quand les salariés sont pris entre des règles inapplicables et des situations de travail qui les contraignent à prendre des risques, il convient d’organiser minutieusement un débat associant tous les acteurs concernés autour des situations réelles de travail.
Résumé Dans cet article, nous présentons la manière dont la clinique de l’activité aborde la question des risques psychosociaux. Après avoir relevé quelques limites dans l’approche de l’épidémiologie, nous présentons notre manière d’entrer dans cette question en posant le problème du métier. Le métier, c’est le rapport inachevé entre les dimensions psychologiques et sociales du travail. Nous analysons l’usage que des professionnels font d’une intervention réalisée à la demande du service de santé au travail d’une grande entreprise. Leur permet-elle d’établir de nouveaux rapports entre les instances du métier ? L’analyse des dialogues enregistrés pendant l’intervention met en lumière deux modes de fonctionnement du métier. Nous expliquons avec ce modèle du métier en quoi ces fonctionnements sont favorables ou défavorables à la santé au travail.
Résumé À partir d’une revue de la littérature sur l’émergence de différentes catégories désignant les « maux » du travail, telles que l’usure, le stress, la violence et le harcèlement, nous tentons de repérer à la fois les rémanences dans les modalités de saisie de la problématique santé et travail et la méconnaissance qui les accompagne. La nouvelle catégorie des « risques psychosociaux » s’inscrit dans cet héritage. Elle reproduit et renouvelle partiellement les enjeux associés à ces constructions socio-historiques. En effet, le lien entre la santé et le travail est toujours saisi à travers le prisme des effets délétères de ce dernier : la question de la santé des « sans-travail » et le travail comme source de santé sont occultés. Les jeux d’imputation causale se prolongent opposant les tenants de « l’exposition aux risques » et ceux de la « prédisposition des fragiles ». Face à l’individualisation des questions de santé et à l’amplification des tendances eugénistes, l’omerta sur les difficultés et problèmes de santé « personnels » se développe. Mais ce pourrait être là une forme de résistance contre-productive car elle contribue à l’usure et à la solitude de chacun face à l’expérience inéluctable d’une fragilité qui n’est pas personnelle mais humaine, ontologique.